Petra ou Wadi Rum ????

Entre les 2, mon cœur balance…

Nous avons longuement (et chaudement) marché dans cette merveille qu’est Petra. Nous y avons vu des vestiges magnifiques des civilisations passées, les édomites, les nabatéens, les romains, les bédouins. Nous l’avons vue de jour, sous un soleil de plomb qui sublime la roche aux différentes teintes de rose, parme, rouge. Et de nuit, le Siq et son Trésor tout illuminés de milliers de bougies. Comment dire ? Merveilleux ? Magnifique ? Splendide ? Epoustouflant ? Incroyable ? Autant de qualificatifs tous aussi vrais et justes les uns que les autres, mais tous aussi très insuffisants. Voir le travail des hommes au fil des millénaires nous renvoie notre force, notre puissance et notre pouvoir en tant qu’humain, et au fait que nous sommes vraiment capables, tous ensemble de faire grand, beau et bien. 

Malgré cela, on se sent vraiment tout petit dans Petra. Toute cette beauté nous ramène également au fait que finalement, chacun d’entre nous, nous ne sommes pas grand chose. Des grains de sable.

Je pourrais vous dire exactement la même chose pour le Wadi Rum, mot pour mot. Merveilleux, magnifique, époustouflant… Toute cette beauté qui traverse les millénaires, toutes ces couleurs sous le soleil qui habille les roches de toutes les teintes possibles ; sous les étoiles qui confèrent au désert tout son mystère et son attraction. Les roches sont sculptées en une infinité de détails qui les rendent toutes uniques. Le sable rouge, mouvant et co-créateur des dunes éphémères. 

Difficile de savoir, quand on n’est pas expert, lequel engendre l’autre : la roche qui s’érode et nous restitue le sable ? Ou bien le sable qui, poussé par le vent et l’humidité de la nuit, construit grain après grain ces rochers vertigineux ? 

Et ce soleil de plomb dont la chaleur est rendue supportable par une vent doux et presque frais…

Un décor de rêve, de fantasme, de cinéma…

A la différence près qu’ici, les hommes n’y sont pour rien. Toute cette beauté n’est que l’oeuvre lente, spontanée et aléatoire de la nature. 

On se sent vraiment tout petit dans le Wadi Rum.

Oui, on se sent tout petit dans le Wadi-Rum, mais être là, dans ce lieu magique et presque irréel tellement il est difficile à imaginer, fait qu’on se sent fort, qu’on se sent plus vivant que jamais. 

Nous sommes partis en 4X4 à 4h de l’après-midi et avons roulé 3h jusqu’au coucher du soleil. Avant de partir, nous pensions que rouler à 9, pendant 3H à l’arrière d’un 4X4 d’un autre siècle, allait être insupportable et interminable. 

En réalité ce voyage n’a duré que 10 minutes, tout au plus. Dès le début on est pris et transporté dans un autre monde et un autre temps. On s’est arrêté plusieurs fois pour pénétrer à pied dans les canyons étroits, monter tout en haut des dunes et les dévaler, escalader les roches pour prendre de la hauteur et admirer le paysage ou le coucher du soleil sur le désert de sable et de roches. 

Après le coucher du soleil, nous avons rejoint notre campement et nos tentes en tapis et peaux de chèvre tendus, où nous allions passer la soirée et la nuit. Et là, on apprécie le progrès quand on réalise que les panneaux solaires ont remplacé les groupes électrogènes et leur bruit assourdissant. 

Nous avons savouré un repas typique des bédouins de Jordanie : du poulet cuit dans un four creusé dans la terre, différentes salades de tomates et concombres aux herbes, du riz épicé, des pommes de terres épicées cuites avec le poulet, une sorte de purée de haricots rouges dont j’ai oublié le nom, des galettes de pain… Et bien sur de délicieuses pâtisseries orientales au miel et aux fruits secs.

Après le repas, nous nous sommes installés autour d’un brasero et avons bu du thé chaud, au son des musiciens et chanteurs bédouins, qui nous ont ainsi bercés une bonne partie de la soirée. 

Anaé, la seule enfant du groupe, a gentiment été invitée à essayer leurs instruments de musique. 

Alex en a bien sûr profité pour prendre des photos du ciel magnifiquement étoilé.

Nous avons dormi dans le calme absolu du désert ; le début de la nuit était très chaud, puis le froid et l’humidité sont venus nous rafraichir presque d’un seul coup vers 3h du matin. 

Au réveil nous avons pris le petit déjeuner, lui aussi typique, composé de thé, de houmous, de tomates et concombres, de fromage blanc salé, de purée de haricot, de biscuits secs et bien sur de galettes de pain.

Avant de repartir Anaé a fait un petit tour sur le dos de Crazy, un sacré dromadaire, mangeur de carton (oui !oui !) et faiseur de grimaces. 

Nous avons été accueillis sur ce campement par une dizaine de bédouins, vivant là tout l’année, sans femme ni famille « pour rester libres » disent-il. S’ils ne sont pas d’un abord très souriant, ces hommes sont d’une gentillesse et d’une générosité rares. Généreux en temps, conseils, questions, réponses… Ils n’ont pas la suspicion, la méfiance ou l’inquiétude que nous pouvons avoir nous, européens face à l’autre.

Et ils ont des yeux à tomber à la renverse !! ce qui ne gâche rien !!

Nous avons passé ce moment avec ce couple espagnol très sympa, un autre couple hawaïen et 2 jeunes hollandais. Nous avons tout naturellement partagé tous ensemble ce moment ; nous ne nous connaissions pas, mais ce lieu nous a connectés immédiatement les uns aux autres. L’avantage du voyage et du dépaysement : le besoin irrépressible de créer du lien et de communiquer.

En effet mon cœur balance entre la beauté créée par les hommes et celle engendrée par la nature… 

Mais en réalité… je n’ai pas à choisir !!! 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :