Le Népal.

Je ne pensais pas aller au Népal pour marcher dans la jungle et voir des animaux sauvages.

Je pensais aller au Népal pour voir la chaine de l’Himalaya.

Je pensais y trouver le calme, le repos méditatif et la douceur de vivre. 

Je voulais voir des temples au Népal.

Je n’imaginais pas une capitale aussi polluée, dense et bruyante. 

Je me doutais que le Népal est un pays pauvre. 

Encore une fois, j’ai compris que je ne sais rien d’un pays tant que je n’y ai pas mis les pieds. Et encore….

Le Népal.

Nous avons commencé notre voyage au Népal par sa capitale Kathmandu. Nous y sommes arrivés le 25 septembre. Comme l’anniversaire d’Anaé approchait (le 26) et que nous ne pouvions pas lui faire de cadeau d’anniversaire qu’elle puisse garder avec elle (nous aimons gâter notre fille pour son anniversaire), nous lui avons offert de passer 3 jours dans un super hôtel avec piscine et spa (du coup c’était un peu la fête pour nous aussi). Nous avons donc commencé notre visite comme des privilégiés. Ce qui n’était pas plus mal car le simple fait de marcher dans cette ville si peuplée, bruyante et polluée représente à lui tout seul, un choc physique et sensoriel. Un repaire douillet et beau, où se réfugier en fin de journée était vraiment très appréciable. 

Dans Kathmandu nous avons pu visiter la multitude de temples et de Stupa, tous aussi beaux les uns que les autres. Nous avons arpenté les rues emplies de boutiques et échoppes en tout genre (vêtements, écharpes, souvenirs en bois sculpté, en cuivre…).

Nous avons testé, dans différents restaurants, LA spécialité népalaise, les MOMOS : au poulet, au bœuf, aux légumes… Sorte de raviolis chinois, le plus souvent cuits à la vapeur et parfois frits. Certains étaient insupportables pour nos petits palais délicats tellement ils étaient épicés -même après avoir bien précisé au serveur « no spicy !! ». Mais la plupart du temps, ils se sont avérés très bons. D’ailleurs Anaé ne s’est quasiment nourrie que de chicken momos (au poulet) pendant ces 15 jours. Il a fallu se battre pour qu’elle varie un tant soit peu son alimentation. Nous avons aussi gouté le THALI népalais, assortiment de différents plats servis sur un plateau, à la manière d’un mezzé, composé d’un plat de riz, d’un plat de curry (de légumes ou de viande), d’un dal (soupe de lentilles), d’un bol de yaourt, de quelques crudités et de galettes (le plus souvent des naans, mais parfois des chapati ou des röti). Pour les non spécialistes que nous sommes, la cuisine népalaise ressemble beaucoup, à s’y méprendre, à la cuisine indienne. 

Nous devions nous décider sur le programme à suivre, et compte tenu de la météo qui s’annonçait, nous avons décidé de ne pas focaliser notre séjour sur le trekking ou la rando. Et nous avons bien fait : nous n’avons eu que quelques journées pluvieuses pendant notre séjour, mais nous avons eu beaucoup de nuages et de grisailles. Il paraît que cette année la mousson est très tardive et s’est un peu éternisée. Plus tard, toutes les personnes que nous avons croisées revenant de trekk nous ont témoigné qu’elles n’avaient, à aucun moment, pu voir les montagnes de l’Himalaya (ce qui représentait pour nous le principal intérêt de trekker au Népal, hormis le fait de marcher dans la nature), et qu’elles avaient essuyé quelques bonnes averses.  

Nous avons donc décidé de partir quelques jours dans le sud, en car, dans le parc national du Chitwan, sorte de mini jungle, sortie de nulle part. Nous avons démarré notre périple à 7h et étions censés arriver à 14h. Mais les voies du Népal étant imprévisibles, nous sommes arrivés à Sauhara, dans le Chitwan, à 18h. Sur notre trajet nous avons dû monter et descendre un nombre incalculable de montagnes, et autant vous dire que dans un sens comme dans l’autre, nous n’étions pas les seuls à les traverser ces montagnes. Et les choses arrivant, un accident s’est produit, bloquant tous les véhicules pendant 6 ou 7 heures. Imaginez : une route très sinueuse de montagne, non goudronnée la plupart du temps et sans barrière de sécurité (c’est à dire à flanc de ravin), des véhicules (voitures, bus, camions, scooters, motos, tracteurs, charrettes…) en file indienne dans les 2 sens (plus de la moitié crachant une fumée noire et dense) ; et comme nous étions en fin de mousson, les inondations ont laissé des sillons de boue épais et encore bien humides sur les routes, rendant les chemins très chaotiques. Tout ce défilé interrompu par une 1ere collision entre 2 camions, puis par une 2eme, et devant laisser passer le cortège de policiers, ambulances, pompiers, et autres badauds… Bref, nous avons mis 7h pour faire 50km, puis le reste du voyage s’est déroulé normalement (c’est à dire entre 30 et 40 km/h car le temps initial de 7h est prévu pour parcourir 200km ! Avec 3 arrêts de 30min). 

Nous sommes arrivés fatigués, mais contents puisque sains et saufs, à Sauhara. Un membre de l’hôtel est venu nous chercher à la gare routière en 4X4 ouvert, pour nous conduire jusqu’à l’hôtel. Et c’est donc de nuit que nous avons découvert notre nouvel environnement. Dans une moiteur impressionnante, nous n’y voyions rien en dehors des rais des phares de la voiture, mais nos oreilles étaient servies : le bruit typique de la jungle, des animaux en tout genre, émettant des sons à la fois excitants et angoissants. Et surtout cette espèce de bruit de cigale ou de grillon, mais 2 à 3 fois plus puissant qui enveloppe la nuit de la jungle humide. Le tout accompagné de nuages de moustiques. 

Nous découvrons, ravis, notre hôtel et son magnifique jardin, faisons connaissance avec les jolis geckos qui partagent sans scrupules notre chambre, puis définissons le programme des 2 jours à venir : une balade à pieds dans la jungle suivie d’une petite croisière en canoë et d’une visite à la nurserie des éléphants. Le jour suivant nous irons passer l’après-midi en safari dans la jungle en 4X4.

Cette petite ville paisible nous a vraiment plu. Son calme, sa vie paisible, sa rue principale bordée de jolies boutiques, de cafés et restaurants tous aussi sympas les uns que les autres ; ses habitants complètement détendus, souriants, et bien plus intéressés par nous-mêmes ou notre pays que par notre portefeuille et ce qu’on pourrait leur acheter. 

Nous n’avons malheureusement pas pu voir le fameux tigre dans la jungle, mais d’après notre guide nous sommes passés tout près de 2 tigres se faisant la cour (période de reproduction). Il est très rare de les voir à cette période car à la fin de la mousson, les herbes sont très très hautes (jusqu’à 1m50), bouchant complètement la vue. Je suis à peu près certaine de les avoir entendus aussi, Alex, lui, est plus sceptique. Entre nos 2 balades dans la jungle nous aurons quand même vu des rhinocéros sauvages, des cerfs, des daims, et des oiseaux en tout genre. Rien de folichon, à part les rhino, mais nous avons passé de chouettes moments dans cette jungle et Anaé en est rentrée avec 2 nouvelles amies qui ne voulaient plus la lâcher (des sangsues). Elle est très sociable notre fille !

Notre balade pépère en canoë s’est avérée bien plus excitante que prévue car nous avons découvert un petit fleuve dont la rive était envahie de crocodiles et de gavials (crocodiles mangeurs de poissons) se dorant au soleil. Impressionnant. 

Entre les éléphants domestiques dans les jardins, ou se promenant dans la rue, et ceux de la nurserie gouvernementale, c’était sans doute la 1ere fois que nous voyions autant d’éléphants. Et d’éléphanteaux ; ce qui était assez fascinant et émouvant. Nous avons eu la chance de pouvoir approcher de très près et de toucher un rhinocéros sauvage qui avait décidé de passer sa nuit à la gare routière d’où nous sommes partis pour Pokhara. Il s’agirait d’un rhino qui a été soigné par des humains et à l’habitude de revenir dans le village. Il n’est pas rare de le voir traverser le village en matinée et en soirée. Nous n’étions pas très rassurés au début mais l’envie étant si grande, nous avons fini pas nous en approcher. 

En quittant New-Delhi et en arrivant à Kathmandu, j’ai attrapé une angine qui m’a fatiguée ; et bien quelqu’un de l’hôtel m’a très gentiment accompagnée chez un médecin, a attendu avec moi, m’a avancé l’argent pour payer le médecin (je n’avais pas de monnaie) pour ensuite me ramener à l’hôtel. Une perle. 

Nous n’avions prévu que 2 jours pleins à Sauhara ; dommage. Nous serions bien restés quelques jours de plus dans cette bulle de calme et de gentillesse. 

Nous avons repris la route en car à 7h du matin, et sommes arrivés comme prévu, à 14h à Pokhara. Ville plus au nord, presqu’aux pieds de l’Himalaya. En temps normal son petit lac reflète les collines avoisinant la ville et, derrière elles, certains des plus hauts sommets de l’Himalaya. En temps normal, car en fin de mousson, les sommets sont sous la grisaille des nuages ; nous n’avons pu les voir qu’en carte postale ! Snif… Nous sommes restés à Pokhara presqu’une semaine, et avons profité de notre petit hôtel, de ses petit-déjeuner topissimes et de sa piscine. Le temps, malgré la grisaille sur les hauteurs, nous était favorable et nous avons pu nous balader tous les jours dans la ville et ses alentours, faire du cheval, de la barque, manger népalais, tout en nous habituant doucement au rythme quotidien des cours du cned. Nous avons entre autre visité un village tibétain et son monastère ; très agréable de voir et entendre les moines prier tous ensemble, en récitant leurs mantras au son des cors et autres cuivre. Nous avons aussi vu l’institut  de formation des moines, et avons ainsi côtoyé quelques instants de très jeunes apprentis moines, pendant leur récréation, jouant au foot en tenue de moine, le Kesa. 

Même si Pokhara est très étendue et très peuplée, elle reste une ville tranquille, non polluée, aérée, ouverte et rassurante, où les gens sont sympas, accueillants, curieux, très gentils et serviables, liant très facilement la conversation. 

« Namasté » prend vraiment tout son sens ici : respect, reconnaissance et gratitude pour celui à qui on s’adresse et pour soi-même. 

Après le Chitwan et Pokhara, Anaé nous a annoncé que plus tard, elle voudrait vivre au Népal. 

Toujours en car, tôt le matin, nous avons rejoint Kathmandu pour nos derniers jours au Népal, et la folie de la capitale nous a quelque peu refroidis. Notre 1ere visite de Kathmandu nous avait semblé bien plus agréable (le palace aidant ? Le contraste avec Sauhara et Pokhara ?). Nous avons retrouvé une ville insupportable, faite essentiellement de bruit de klaxons, de gaz d’échappement et de poussière. Pourtant nous étions en plein festival, fête hindoue très importante ici, qui n’a lieu que tous les 5 ans, et en pleines grandes vacances ; ce qui signifie que la plupart des citadins étaient partis retrouver leur famille ailleurs. Malgré cela la ville nous a semblé infernale. Nous sommes vite partis visiter les alentours, dont le stupa le plus grand d’Asie, magnifique !! Au cours de nos visites, à Pathan, nous sommes tombés sur des sacrifices d’animaux, dont nous avons réussi à échapper de justesse. La tradition hindoue impose que chaque famille sacrifie un animal (le plus souvent une chèvre) pour ce festival, d’où la migration impressionnante de bergers et de leurs troupeaux de chèvres depuis le Tibet.  

Nous avons beaucoup apprécié le Népal et nous avons vraiment envie d’y revenir, à la bonne saison, pour voir des tigres, et pour pouvoir trekker dans les montagnes dégagées. Mais nous éviterons Kathmandu ! La profusion et la beauté des temples et Stupa ne suffisent pas à faire oublier tous les désagréments de la ville. 

Namasté !

Un avis sur “Le Népal.

  1. Merci Marie pour ce partage.
    Quel beau voyage ! Quelle aventure !
    C’est juste hallucinant tout ce que vous vivez.
    Je ne sais pas si Anaé s’installera au Népal plus tard, mais… Si elle veut avoir la visite de son copain Alex, il faudra qu’elle habite un endroit sans moustique, loin des sangsues, et d’animaux qui font peur. Hihihi…😂
    Bisous à vous 3
    Barbara et la famille

    J'aime

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