La Thailande : fantasme ou réalité ?

Avant de partir on s’est demandé si on passait par la Thaïlande ou pas. On avait très envie d’y aller mais comme on entendait beaucoup et partout que « la Thaïlande c’est fini », « qu’il y a beaucoup trop de touristes », « que c’est le pire pays de l’Asie du sud-est »… on a fini par hésiter.

Bon finalement, on s’est dit qu’on devait aller vérifier par nous-mêmes.

Au départ, c’était pour moi une de mes destinations les plus attendues avec le Japon, la Nouvelle Zélande, Tahiti, l’Argentine et le Chili. J’avais donc un peu peur d’être déçue et de m’entendre confirmer tout ce qu’on disait autour de moi. 

Nous sommes arrivés à Bangkok le 22 novembre, après avoir passé un mois au Sri Lanka. Nous étions tristes de quitter ce pays qui nous a séduits et conquis, mais aussi très heureux de découvrir un nouveau pays. 

Bon, le changement a été radical. Bangkok est une ville super moderne, surpeuplée, très dense, polluée, où les humains grouillent partout. Nous avons découvert une ville faite de très hauts immeubles, de centres commerciaux, de restaurants, de taxi-scooters, de temples bouddhistes grandioses… rien à voir avec le Sri Lanka. 

Cependant, nous avons très vite trouvé nos marques ; faut dire qu’on avait loué un petit appart sur airbnb, en plein cœur de Bangkok, à 2 min du métro, et 3 d’un « food court » (sorte de marché-restaurant) de rue, servant à toute heure une cuisine aussi variée que délicieuse, et peu chère. Nous avons très vite adoré Bangkok, même si le trafic très dense nous fatiguait pas mal. 

Nous nous sommes promenés dans le cœur de Bangkok et avons visité plusieurs  marchés dont le plus grand de la ville, celui de Chatuchak. Nous y sommes restés une bonne partie de la journée et nous n’en n’avons même pas fait la moitié. Nous sommes restés un bon moment dans la section animaux de compagnie où nous avons littéralement fondu pour la flopée de chiots, de chatons, de cochons d’inde, de hérissons et autres animaux à poils tenant dans la main. Ce marché est une ville à lui tout seul. Si tu as besoin de quelque chose, en gros ou au détail, de vêtement, chaussures, vaisselle, outils, électro, meubles, animal de toute espèce, vivant ou mort, d’épices rares, de poudres interdites, de nourriture sous toutes ses formes… c’est là qu’il faut chercher. Le plus dur reste à savoir où chercher, mais je suis prête à parier que pas un seul bangkokien n’ignore cela. En effet, malgré le nombre incroyable de centres commerciaux que cette cité peut compter, on sent vraiment que la culture du marché est encore bien là. Les trottoirs regorgent de stands de marché, les boutiques prolongent toutes leur vitrine dans la rue, certains posent un drap par terre, s’assoient en tailleur sur le sol et improvisent une échoppe. Les thaïlandais font leurs courses au marché.

Outre les stands de vente, ce qui est assez surprenant et fascinant dans ce pays, (quand on arrive du Sri Lanka), c’est les stands de nourriture de rue, la street food. Ici toute la gastronomie Thaï, riche, variée et délicieuse, se retrouve dans la rue. On trouve toujours quelque chose à manger sur les trottoirs. Et à toute heure du jour comme de la nuit. S’il y a bien un pays où on ne peut pas rester la faim au ventre, c’est la Thaïlande. Et non seulement il y a pléthore, mais la qualité est vraiment au rdv, et les prix sont très très bas -pour notre budget, il était d’ailleurs plus intéressant de manger dehors que de cuisiner nous-mêmes. Il y a même une cuisinière de rue, Jay Fai, dame de 73 ans, très drôle -elle cuisine toujours coiffée d’un bonnet et portant des lunettes de ski (ou de moto ?) pour ne pas se bruler les yeux au dessus de son wok en feu- mais aussi très sérieuse, pour qui les gens peuvent faire la queue pendant plus d’une heure pour manger sa soupe Tom Yom, son omelette au crabe, ou ses nouilles sautées. A noter aussi que la petite dame, depuis son stand de rue, a décroché une étoile Michelin en 2018. Vraiment, la street food en Thaïlande, c’est du sérieux. Pour notre part, et surtout Alex, nous ne nous sommes pas lassés des pad thaï, des thaï pancakes à la banane, et du sticky rice (mangue ou banane). J’ai d’ailleurs pris un cours de cuisine pour apprendre à faire les pad thaï, et il me tarde de pouvoir cuisiner ça dans ma cuisine, avec mes ustensiles (ça, c’est pas demain la veille !!!) et de bons produits. Et des produits, il en faut dans un pad thaï ; j’ai aussi très hâte de pouvoir faire le marché, et me délecte à l’avance du plaisir de bien les sélectionner, en suivant les conseils qu’on m’a donnés.

Nous avons visité ses temples, dont Wat Pho et Wat Phra Kaeo, les plus célèbres du pays, ainsi que le grand palais, incroyablement beaux, dorés, colorés, très détaillés, et pour moi les plus beaux temples bouddhistes que je n’avais jamais vus. Ce sont de pures merveilles, d’architecture et d’art. 

Puis nous avons pris un train pour le nord du pays, Chang Mai, où nous sommes restés une petite semaine dans un super petit appart avec une immense piscine sur le toit, en plein cœur de la ville. Le train était très agréable, pas rapide du tout, mais confortable, avec un service comme dans les avions, de distribution de boissons et du repas de midi, avec une hôtesse par wagon. Bon, le repas vaut ce qu’il vaut, c’est à dire pas grand-chose gustativement parlant, mais c’était rigolo de se faire servir dans le train comme dans l’avion. Ce qui est d’autant plus curieux, c’est l’homme de ménage qui a dû passer au moins 6 fois dans le wagon pour ramasser nos poubelles éventuelles et balayer le couloir. Question balaie, c’est clair qu’on ne peut pas reprocher aux thaïs de ne pas s’en servir ; en effet, ils sont tout le temps en train de balayer devant chez eux, devant leur boutique, dans les couloirs on croise toujours quelqu’un avec un balai… C’est aussi cela qui fait le charme des rues en Thaïlande, car il n’y a pas de détritus partout dans la ville comme ce peut être le cas dans le sud de l’Asie, au Vietnam ou au Cambodge.  Le pays est très propre. 

A Chang Mai, nous avons bien sur visité de fond en combles la ville ancienne fortifiée entourée de ses remparts et de sa douve, parsemée de ses temples tous plus anciens et beaux les uns que les autres, de ses chouettes boutiques et cafés restos, parfois bo-bo parisien, d’autres fois hipster new-yorkais. Toutes ces petites boutiques et restos rivalisent avec les marchés de jour et de nuit, pour nous proposer autant d’objets insolites d’art et d’artisanat local, de fringues de petits créateurs ou made in Pakistan, de street food, sans oublier bien sûr la musique des personnes aveugles.

Je m’explique : Chez nous en France il n’est pas rare dans un train, un bus, un café ou autre lieu où on se rassemble, qu’une personne malentendante ou malvoyante vienne déposer un petit objet sur notre table, puis repasse quelques minutes plus tard, soit pour récupérer le dit objet, soit pour se faire payer de sa vente du toujours dit objet. Et bien ici les malvoyants ont un truc bien différent : ils passent dans les rues avec un magnéto, un micro, et un ampli ; parfois ils sont plusieurs et le chanteur est alors accompagné de plusieurs instruments de musique. Ils se posent en général au milieu de la rue (oui ! oui !) allument leur bazar et chantent à tue-tête dans leur micro. Comment dire ? Dans ces moments-là on se fait tout petit, on essaie de partir le plus vite possible en essayant de montrer le moins de signes d’agacement possible. Dans ces moments là, en vrai, on a peu honte. La plupart du temps ils chantent très faux, et le son est très très mauvais, et très très fort, et on a juste envie de leur dire de la fermer ! Mais on ne peut pas ! Parce que, bon… un peu d’empathie quand-même ! Des personnes aveugles qui chantent dans la rue pour se financer. C’est plutôt bien non ? Et ben… en réalité non ! J’en suis arrivée (mauvaise que je suis !!) à me demander s’ils ne le font pas exprès en fait ; comme une technique pour qu’on leur donne vite de l’argent, pour qu’ils puissent aller s’installer ailleurs (en fait au lieu de les payer pour les écouter on les payerait pour les faire partir ??!!). Rhoooo ! Je vais regretter ces quelques lignes, mais pour le moment j’assume…

Il est assez surprenant de voir tous les matins à 8h et tous les soirs à 18h pétantes tous les habitants, touristes, badauds… (nous y-compris) s’arrêter de faire ce qu’ils sont en train de faire, s’immobiliser, baisser la tête et chanter tous en cœur (nous pas compris !) l’hymne au roi, au son de la musique des haut-parleurs disséminés partout dans la ville. Alex avait eu droit aussi à l’hymne royal avant le film au cinéma : tout le monde s’est levé et s’est mis à chanter. Quelle autorité le mec : à lui tout seul il fait s’arrêter tous les habitants de son pays pour qu’ils chantent sa gloire. 

En revanche, je n’ai vraiment, mais vraiment pas apprécié de lire sur un panneau à l’entrée d’un temple bouddhiste, l’interdiction faite aux femmes d’y entrer, sous prétexte qu’elles seraient impures en raison de leurs règles menstruelles et de leur sang, tout aussi impur. Non mais, sérieusement ????!!! Sans commentaire !!!

Mais ce qui m’a peut-être le plus marquée à Chang Mai, c’est les éléphants. J’ai déjà parlé de mon coup de foudre pour cet être si attachant, donc je ne vais pas m’étendre sur le sujet. Nous avions décidé de passer une journée à la rencontre de cet animal merveilleux : une voiture est passée nous chercher à l’hôtel vers 8H30 le matin, nous étions plusieurs personnes dans le van. Nous avons roulé une bonne heure dans la campagne thaïlandaise, pour arriver dans une sorte de village où la vie est réglée autour de l’animal. Une bonne partie des habitants vit du tourisme autour des éléphants. Ici, ils ont tout compris : devant les refus de plus en plus nombreux des touristes de voir des animaux maltraités, ils ont décidé de prendre la protection des animaux au pied de la lettre : on paie pour faire du bien aux éléphants. On les nourrit, les caresse, les baigne dans la boue puis dans la rivière, le tout à leur rythme, sans les forcer, les monter, les épuiser, ou les attacher. Les éléphants vivent en semi-liberté dans le village. « Semi » car il faut tout de même protéger les habitations des va-et-vient des animaux gigantesques qui détruisent tout sur leur passage, donc quelques barrières de bois sont nécessaires pour délimiter le terrain. « Liberté » car si les éléphants n’étaient pas heureux de rester, ils partiraient aisément de leur propre chef, car rien ne les retient, si ce n’est le fait d’être bien là où ils sont ; ce n’est surement pas une simple barrière qui les arrête. La barrière leur indique simplement la limite, et comme ils sont très intelligents, ils comprennent et respectent la limite. Nous avons donc passé une journée dans ce havre de paix et de nature, nous avons pataugé dans la gadoue et dans la rivière, presque couchés contre les éléphants, nous nous sommes faits asperger et les avons nous-mêmes arrosés d’eau, nous les avons caressés (-plutôt massés car il en faut pour atteindre la bête sous sa carcasse bien épaisse), embrassés, regardés dans les yeux front contre front… Bref nous avons passé un très très bon et beau moment. Le tout, bichonnés par les habitants qui nous ont préparé le repas, dont un délicieux pad thaï, nous ont servi du thé, nous ont donné à chacun une tenue adaptée pour aller dans la boue sans abimer nos propres vêtements, nous vendaient des photos (de nous avec les éléphants) dans des cadres artisanaux et locaux fait en bouse d’éléphant (cela ressemble à s’y méprendre à du papier mâché beige)… Tout ce qui pouvait nous rendre la journée plus agréable tout en leur permettant de gagner 4 sous pour vivre plus dignement. Anaé a passé la journée avec une singapourienne de son âge avec qui elle s’est bien amusée, notamment dans la rivière. 

Dans le nord nous sommes également allés nous promener un peu plus dans les hauteurs verdoyantes et plus rurales, où nous avons pu rencontrer un peuple plus traditionnel, plus artisans et paysans. Belle expérience.  

Après le nord nous nous sommes envolés pour Phuket. Bon, là, mis à part la plage de sable blanc magnifique et l’eau bleu turquoise, j’avoue qu’il n’y a pas grand chose à dire. On se serait cru dans une station balnéaire en Russie. L’ile est peuplée de gros, grands, blonds et rubiconds bonhommes, brulés par le soleil (ou par l’alcool ?) se promenant le ventre à l’air, une cannette de bière à la main, accompagnés de grandes blondes très minces, manucurées et coiffées selon la dernière mode, elles-mêmes tenant par la main leur progéniture, qui sont le plus souvent des copies en miniature de leur mère si ce sont des filles (sac à main, lunettes de soleil et manucure compris), ou de leur père pour les garçons (chemise blanche et lunettes noires incluses. Heureusement, pas encore la cannette !). Beaucoup de restos affichent les menus et les prix en russe ; dans notre bâtiment, nous devions être les seuls non russes. Va comprendre ! Bon il y a sans doute une explication très rationnelle à cette invasion, mais pour le moment elle nous a échappé, et surtout surpris. Donc, mis à part la plage en elle-même, Phuket n’a pas grand intérêt. Nous ne sommes pas très fans de la mode ou de la musique russe, ni des stations balnéaires bondées de monde où les trottoirs sont remplis de touristes qui se pavanent en terrain conquis. Et puis surtout, nous sommes allés en Thaïlande pour rencontrer les thaïlandais. Quand nous voudrons rencontrer le peuple russe nous irons en Russie !

Après Phuket, j’ai mieux compris ce que mes amis voulaient dire quand ils disaient que la « Thaïlande c’est fini », mais je ne suis pas entièrement d’accord car la Thaïlande ne se résume pas à Phuket, très loin de là. 

Nous sommes donc restés là 5 jours, puisque nous avions booké notre logement à l’avance, et que nous ne pouvions pas annuler (nous serions bien partis plus tôt si nous avions pu). Nous avons quand même réussi à faire abstraction des touristes et à profiter de la plage et de l’eau délicieuses. Anaé s’est initiée au surf avec succès, Alex a testé tous les pad thaï et banana pancakes qu’il a pu, et moi tous les salons de massage possible. Ha oui, ça aussi ! Les massages thaïs ! Ce n’est vraiment pas un mythe. Dans le nord j’ai pu me faire masser pendant 2h pour 10 euros ! Et pas n’importe quel massage puisque le massage thaï est reconnu au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai eu de la chance ou si c’est que toutes les masseuses (ce sont presque toujours des femmes) sont toutes très douées, mais j’ai toujours reçu d’excellents massages traditionnels et à l’huile ; et pendant tout notre séjour en Thaïlande, j’en ai fait un bon paquet, à raison parfois de un par jour -à ce prix je n’allais pas me priver !!! Le top pour moi étant, sur 2h, de combiner les 2 types de massages pour un maximum de bienfaits et de détente en un seul. On est d’ailleurs surpris de voir dans le pays le nombre de salons de massages présents et ouverts de 8h du matin à 22h. Dans certaines rues on peut voir une dizaine de salon, en enfilade, les uns à la suite des autres. Tous comptent au moins 5 ou 6 masseuses qui attendent et rabattent le chaland. Ce qui peut même finir par agacer : à Phuket dans notre rue il y avait donc en enfilade au moins 6 salons de massages, (et ce de chaque coté de la rue je vous prie !!) ; et devant chaque salon nous étions interpellés par les masseuses qui crient ensemble et à tue-tête :           « massaaage » à tout bout de champs. Ca peut être agaçant, en effet, mais c’est tellement folklorique !

Après ce plein de surf, massages et pad thaï, nous avons pris un bateau pour aller sur les îles, il y en a pléthore au large de Phuket. Pour nous ce fut Kho PhiPhi (à prononcer kopipi), petit ilot interdit aux voitures, où les noix de coco, les mangues, les singes, les tongs, le massage, le poisson grillé et les barques traditionnelles sont rois.

Nous avons passé une semaine au paradis : pas trop de monde, mais un peu quand même pour animer les rues ; une météo de rêve avec 25/30°C au soleil sous un ciel sans nuage ; une eau à la même température, transparente et bleue turquoise ; de longues plages de sable blanc et fin, assez peu fréquentées ; des poissons de toutes les couleurs, des requins et des tortues juste en faisant du snorkeling. 

Nous étions dans un hôtel à 2 min de la plage et avons passé la semaine à nous réjouir de la douceur de vivre sur les îles. Nous sommes restés en tongs et en short/maillot/paréo toute la semaine, à nous faire dorer la pilule en sirotant des eaux de coco bien fraiches et autres cocktails ou en savourant de délicieux poissons grillés (ou des pad thaï !! –Alex ne jure que par le pad thaï) ; à prendre des bateaux traditionnels dits « à longue queue » pour aller faire du snorkeling dans des endroits un peu plus reculés et aux fonds marins plus peuplés (Alex en a profité pour se faire mordiller les pommes d’amour par de petits poissons tigrés très jolis, mais aux dents bien acérées), ou pour visiter la quantité incroyable de petites îles désertes, de lagons cachés, et en prendre plein la vue avec ces mystérieux et envoutants pitons karstiques qui trônent majestueusement sur toute la côte dans la mer d’Andaman comme dans le golfe de Thaïlande. Le tout assorti bien sûr d’un fameux massage de temps en temps ou d’une petite séance de manucure ou de pédicure -autres spécialités des thaïlandaises après le massage. 

Les singes venaient tous les matins nous rendre visite sur le balcon de notre chambre et nous leur donnions des fruits dont ils sont si friands et qui est à la base de leur régime alimentaire. Nous en avions parfois 5 sur le balcon, dont une maman et son tout petit bébé accroché à elle, et nous ne nous lassions pas de les regarder -à travers la vitre bien sûr car ils sont bien mignons mais ils sont surtout de très grands et très rapides voleurs. Les singes sont fascinants tellement ils nous ressemblent.  

Nous ne voulions pas partir. Non, vraiment, nous ne voulions pas partir. 

Après ce merveilleux séjour en Thaïlande, nous pouvons enfin répondre par nous-même à cette question que nous nous sommes bien longtemps posée avant de partir : « la Thaïlande, fantasme ou réalité ? ». Vraiment, ce n’est pas un fantasme ni un mythe. La Thaïlande est incontestablement un pays fabuleux, très riche culturellement, avec une cuisine délicieuse et très diversifiée, qui abrite des paysages très variés, qui sait très bien allier tradition et modernisme, qui sait très très bien accueillir les étrangers (le tourisme est une très grosse source de revenus pour le pays), et qui les respectent grandement. Les thaïlandais sont vraiment le peuple du « pays du sourire » comme le dit la légende. Ils sont extrêmement gentils, d’une grande douceur, respectueux, patients et très arrangeants. Quand on arrive dans ce pays depuis l’Inde et le Sri Lanka, on y sent les femmes beaucoup plus libres, autonomes et indépendantes. Beaucoup sont à la tête de leur business qu’elles gèrent d’une main de fer. Le pays (comme toute l’Asie d’ailleurs) est très sûr question sécurité ; à aucun moment nous ne nous sommes sentis en insécurité ou avons eu peur pour nous ou nos affaires. 

Il y avait un sujet un peu tendu pour moi, dont les clichés et les stéréotypes avaient bien figé quelques images dans mon imaginaire. Je veux parler de la prostitution. Je redoutais un peu de croiser beaucoup trop de (beaucoup trop) jeunes femmes proposant leurs services à la gente masculine dans les rues, et de devoir expliquer trop souvent le phénomène à ma fille. Même si je ne veux pas forcement l’élever dans un cocon, il y a des réalités de la vie auxquelles elle a bien le temps d’être confrontée. 

 Je ne vais pas dire qu’il n’y en a pas, évidemment. A Chang Mai, un soir qu’il rentrait seul à l’hôtel, Alex s’est vu proposer « des femmes » par un homme ; et pour ma part, en me rendant à mon salon de massages préféré, je passais devant un bar, ouvert sur la rue, où des femmes très peu vêtues attendaient patiemment en sirotant de jolis cocktails colorés. A vrai dire, ce sont les 2 seules fois durant tout notre séjour où nous avons été témoins directs de la prostitution. Sans oublier toutefois les nombreux couples mixtes -entendez un homme blanc et une femme asiatique !- qu’on peut croiser un peu partout en Asie, mais pour lesquels le doute persiste : vrai couple ou pas ? Bon je ne vais pas lancer le débat de ce qu’est un vrai couple, car en effet, quand ce sont de « vrais » couples s’agit-il de couples au sens le plus basique du terme ? C’est à dire fondés sur un minimum d’amour au départ, et non sur le fantasme de domination d’un coté, ou la porte de sortie de l’autre ? Où l’homme blanc riche occidental peut très facilement séduire une jeune et belle femme asiatique qui ne cherche qu’à fuir la pauvreté et la tradition patriarcale très dure pour elle dans ces pays ; ou qui cherche tout simplement un moyen de pouvoir nourrir sa famille sans avoir à s’épuiser à la tâche. Ce n’est pas l’envie qui me manque de débattre sur ce sujet mais ce n’est ni le lieu, ni le propos, d‘autant que le sujet mène loin, pas seulement sur les couples mixtes en Thaïlande. Breeeef ! Notre ami Cédric nous racontait aussi la fois où on lui avait tout naturellement proposé un « happy ending » (une fin joyeuse) à son massage. Donc oui, de la prostitution il y en a en Thaïlande. Mais elle ne se voit pas plus qu’ailleurs. J’ai vu plus de prostituées marchant dans les rues le soir à Siem Rep au Cambodge qu’en Thaïlande. A Phuket, il y a bien une partie de l’île plus particulièrement tournée vers cette activité, mais les guides préviennent les familles et il est donc très facile de ne pas se retrouver dans des situations gênantes avec les enfants en se baladant dans les rues. Donc même de ce coté là, la Thaïlande n’a rien à envier à n’importe quel autre pays touristique. 

Non les paradis thaïlandais dont on parle dans les guides ne sont pas des mythes ou des fantasmes d’occidentaux déprimés, ce sont bien des réalités terrestres à voir absolument. Et à revoir, et revoir encore. 

Vous l’aurez compris, nous avons ADORÉ la Thaïlande.

5 commentaires sur « La Thailande : fantasme ou réalité ? »

  1. Quelle merveille ces voyages je suis ravie de voir que vous en profitez à fond !
    Mais… Tu ne poste vraiment pas assez de photos 😍
    J’aurai adoré vous voir patauger avec les éléphants (entre autre)
    Bises à vous 3

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  2. Vous me rappelez de merveilleux souvenirs. La Thaïlande est un pays fabuleux et chaleureux. Il me semble que vous auriez pu faire plus dans le triangle d’or mais aussi à Pukhet. Krabi, les pains de sucre, les grottes aux hirondelles, les mangroves, … . Magiques. Bel article. Top.

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  3. Bonjour, j’ai mis du temps à me connecter à votre site web.
    Merci pour les photos elles sont magnifiques , elles m’ont permises de voyager. Soyez heureux bises à vous trois Fabienne(coop nature)

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  4. Bonjour Marie,

    voilà aujourd’hui j’ai pris du temps pour visiter votre blog et faire rapidement un petit bout du tour du monde avec vous.
    où êtes vous aujourd’hui dans cette période qui bouleverse la vie de toute notre pauvre planète.
    confinés, pas confinés, en sécurité, ou vaille que vaille.
    pour nous, Grands Jardins confinés mais personnes touchés par la vilaine bête. expérience curieuse qui mériterait qu’on fasse un blog. les photos seraient moins lumineuses et éblouissantes que les vôtres, mais ont a qu’en même quelques perles. on se contente de faire notre journal du confinement et de communiquer par Skype.

    bon voyage à vous, et soyez prudent. le danger n’est pas toujours où on le croit.

    amitiés

    Michèle

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