La ville basse

Bonjour à tous,

Hier, première visite de Amman, et nous ne sommes pas déçus : la citadelle, le théâtre romain, les rues de la ville basse et ses souks nous ont enchantés. 

La 1ere chose qui nous a frappés en sortant c’est le soleil, et sa lumière magnifique, qui vous prend, vous saisit et vous pénètre littéralement.

Nous nous sommes baladés jusqu’à la tombée de la nuit, sans oublier de nous arrêter manger les incontournables fallafels, houmous et mutabal, ainsi que des pâtisseries orientales. 

Les gens (les hommes surtout car il y a très peu de femmes dans les rues) sont très gentils et répondent facilement à toutes nos questions. 

Anaé a du mal avec l’état assez sale des rues, le brouhaha constant, et la guerre entre piétons et voitures pour traverser ; en effet il n’y a que très peu de feux piétons, pour passer il faut forcer le passage et arrêter les voitures, ce qui n’est pas rassurant du tout pour elle (ni pour nous). Elle n’adhère pas encore…

Je me souviens, lorsque je suis partie à Djibouti pour la 1ere fois à 23ans, j’avais les mêmes appréhensions et aprioris. Pour moi ils n’étaient pas juste différents : j’étais la norme et eux n’étaient pas normaux (à la différence que j’avais déjà 23ans ! Mais j’étais très immature et je n’avais rien vu du monde en dehors de mon petit village où j’ai grandi et de la ville de Montpellier où j’ai fait mes 1eres études).

Nous réalisons à quel point ce voyage va être important pour elle car elle a vraiment une vision très européenne et occidentale du monde. Mais elle n’a que 11ans, ses repères devraient vite bouger à son âge. 

J’avais oublié l’appel à la prière… Qu’on l’aime ou le déteste je crois qu’il ne laisse pas grand monde indiffèrent. 

Comment décrire cette impression ? Pour moi qui ne suis pas musulmane, ça n’a rien à voir avec la foi ou la religion (trop drôle, au moment où j’écris cela, l’iman nous appelle !), plutôt avec la méditation. Il y a cette sensation qu’a ce moment là, tous les habitants de la ville (soi-même compris)  ne font qu’un, se retrouvent tous ensemble, dans le flux et le son de ces quelques phrases. Comme si la ville, plusieurs fois par jour, suspendait son activité, son agitation, sa perte, pour revenir à quelque chose d’essentiel. 

Je ne sais pas trop faire avec le texte, les mots me manquent… Promis je vais apprendre !

Lorsque très jeune, Alex a visité le Maroc, il s’était procuré un enregistrement de l’appel, lui aussi trouvait cela fascinant…

Lorsque vous nous envoyez des messages, ils atterrissent dans notre boite mail, et nous devons choisir de les publier ou non. Si vous ne souhaitez pas qu’ils soient rendus public, précisez-nous le ; si vous n’en parlez pas, nous considérerons que vous êtes d’accord pour la publication. 

Merci à ceux qui l’ont déjà fait !!!

Bizzz

Bonjour à vous tous,

Et bonne reprise ou rentrée à tout le monde !!!

De notre coté, nous avons bien troqué cartable, sacs et dossiers pour le sac à dos (certes un peu gros), les cours en ligne, et surtout l’école de la vie.

Nos dernières semaines en France ont été très denses et très riches en émotions, et nous avons vécu grâce à vous tous un départ magnifique, lui aussi très chargé émotionnellement, entre les rires et les larmes.

Nous avons presque pu voir tout le monde avant de partir, nous avons pu vous serrer dans nos bras et partager un moment avec vous tous, ce qui était vraiment important pour nous (on le sait avant, on le ressent après…). Nous avons pu, presque tous les jours, voir et passer du temps avec des personnes qu’on aime; nous avons pu embrasser et serrer fort des personnes qu’on aime jusqu’au moment du départ, c’est top. 

A l’aéroport, les derniers coups de fil ont presque été impossibles… trop chargés, impossible de parler. Dans l’avion, en pleurant, nous avons pu envoyer des messages et communiquer avec pas mal d’entre vous jusqu’au dernier moment.

Pour tout ça MERCI BEAUCOUP !!

Et le sac à dos !!!???? On n’en parle même pas ! Ou très peu…

Fringues, produits anti-moustique, moustiquaires, chaussures, guides, crèmes solaires, trousse de secours… Nous avons refait notre sac 100 fois, en enlevant des fringues, les remettant, se demandant si « ça ! C’est vraiment utile ou pas ?? », si « ça ! On en trouvera partout ou pas ? »… Questions futiles des pauvres matérialistes que nous sommes… nous allons apprendre à lâcher !

Et aujourd’hui nous voilà à Amman, en Jordanie !!!!

Nous sommes arrivés de nuit, (23H), exténués de toutes ces émotions, et du vol, affamés, mais tellement heureux. 

Pour Anaé, dès l’aéroport, le choc a été immédiat : « pourquoi les femmes sont habillées comme ça ? » (niqab et hijab noirs, ou longue tenue avec voile cachant tout sauf le visage…), et « certains hommes aussi sont habillés bizarrement, en robe blanche ? »…. D’emblée les questions de religion, de laïcité, de respect de la loi religieuse, du statut de la femme, l’ont renvoyée à celles de liberté(s), et d’égalité entre les hommes et les femmes. Nous n’en avons pas fini avec ça…

Lorsque nous sommes sortis de l’aéroport, la fatigue aidant, nous étions un peu tendus à l’idée de ne pas trouver de taxi facilement et lui avons, malgré nous, transmis cette anxiété. 

Avec tout ça, arrivés à l’appart, il a fallu la rassurer, expliquer plus en détail, relativiser, et lutter contre la peur et le rejet ; nous comptons sur le pays qui semble vraiment magnifique, et ses habitants, pour nous aider dans cette entreprise. 

Mais maintenant, il est temps d’aller manger…